Guides de la réforme

Plateforme agréée : comment choisir la vôtre pour la facture électronique

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise doit passer par une plateforme agréée, au moins pour recevoir ses factures électroniques. Mais qu’est-ce que c’est, combien ça coûte, et comment choisir sans y passer des heures ?

Mis à jour le 27 octobre 2026 · 6 min de lecture

Une plateforme agréée, c’est quoi ?

C’est un prestataire privé, immatriculé par l’administration fiscale, qui transporte les factures électroniques d’une entreprise à une autre. On l’appelait auparavant « PDP » (plateforme de dématérialisation partenaire).

Elle a trois rôles :

  • envoyer vos factures électroniques à la plateforme de votre client ;
  • recevoir celles de vos fournisseurs ;
  • transmettre à l’administration les données utiles : données de facture, et données de e-reporting (ventes aux particuliers, opérations internationales, paiements).

Depuis la réforme, c’est l’intermédiaire obligatoire entre entreprises : une facture électronique ne s’envoie plus directement par e-mail.

Et l’annuaire, et l’État ?

L’État ne transporte pas les factures. Il fixe les règles et les formats, agrée et contrôle les plateformes, et gère l’annuaire de la facturation électronique. Cet annuaire indique, pour chaque entreprise (par son SIREN), quelle plateforme reçoit ses factures. C’est pour ça que le SIREN du client devient une mention obligatoire.

Pour être joignable, vous signez un accord avec la plateforme choisie, qui vous inscrit dans l’annuaire comme destinataire.

Plateforme agréée ou « solution compatible » ?

Vous n’êtes pas obligé de travailler directement sur le site d’une plateforme. Votre logiciel de facturation ou de comptabilité peut être une solution compatible s’il remplit deux conditions :

  • proposer les fonctions attendues par la réforme (factures avec les bonnes données, suivi des statuts…) ;
  • être connecté à au moins une plateforme agréée.

Dans ce cas, vous continuez à facturer dans votre logiciel, et c’est lui qui fait passer les factures par la plateforme. Pour un indépendant, c’est souvent le plus simple.

Combien ça coûte ?

Il n’y a pas de plateforme gratuite de l’État : c’est un choix assumé, pour ne pas concentrer toutes les factures en un seul point. En revanche, selon l’administration, au 1er août 2026, plus d’une dizaine des quelque 150 plateformes agréées proposaient une offre gratuite ou sans surcoût couvrant les besoins essentiels des plus petites entreprises.

Les prix varient surtout selon le volume de factures et les services ajoutés (archivage, relances, rapprochement bancaire, intégration comptable…).

Les questions à se poser pour choisir

  1. Est-elle bien agréée ? Vérifiez sa présence dans la liste officielle sur impots.gouv.fr. Si votre logiciel se dit « compatible », demandez-lui à quelle plateforme agréée il est connecté.
  2. Fait-elle émission, réception et e-reporting ? Vous pouvez utiliser des plateformes différentes pour chaque usage, mais une seule qui fait tout est plus simple.
  3. Est-elle reliée à votre façon de facturer ? Si vous ressaisissez vos factures sur un deuxième site, vous perdez le bénéfice de la réforme.
  4. Que voyez-vous du cycle de vie ? Une facture électronique a des statuts (déposée, rejetée, refusée, encaissée…). Les voir directement vous évite les relances inutiles.
  5. Quels formats ? Les plateformes échangent dans l’un des trois formats officiels : UBL, CII ou Factur-X (un PDF lisible qui contient les données de la facture). En pratique, c’est leur affaire, pas la vôtre.
  6. Prix et engagement : combien par mois ou par facture, et pouvez-vous partir facilement ? Vous pouvez changer de plateforme à tout moment.

Côté sécurité

Les plateformes agréées doivent notamment être certifiées ISO 27001 sur leur activité de facturation électronique, héberger les données dans l’Union européenne, utiliser une authentification renforcée, tracer les opérations et passer des audits réguliers. Elles contrôlent aussi les factures (identifiants, cohérence des montants, doublons), ce qui aide à repérer les fausses factures.

Le bon réflexe

Méfiez-vous des démarchages qui vous pressent de « vous inscrire avant une date limite » : le choix est libre, et vous pouvez changer à tout moment. Si un doute persiste, le numéro d’assistance de l’administration répond aux questions sur la réforme : 0 806 807 807, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h. Votre cabinet comptable peut aussi vous orienter.

Questions fréquentes

Existe-t-il une plateforme gratuite de l’État ?

Non. L’État a choisi de ne pas créer de portail public unique. Il gère l’annuaire et fixe les règles, et les factures circulent par des plateformes privées agréées. Plusieurs d’entre elles proposent une offre gratuite ou à faible coût pour les besoins simples.

Puis-je changer de plateforme agréée ?

Oui, à tout moment. Vous pouvez aussi utiliser plusieurs plateformes, par exemple une pour émettre et une autre pour recevoir.

Mon logiciel de facturation suffit-il ?

S’il est une « solution compatible », c’est-à-dire connecté à au moins une plateforme agréée et capable de produire les factures attendues par la réforme, oui : vous facturez dans votre logiciel et il transmet par la plateforme.

Où trouver la liste officielle des plateformes agréées ?

Sur impots.gouv.fr, page « Je consulte la liste des plateformes agréées ». Vérifiez toujours qu’un prestataire y figure.

Sources

Sources officielles consultées le 27 octobre 2026.